Le secteur du bien-être vit une vague d'installations historique : 14 313 créations en un an selon l'INSEE. On parle beaucoup moins de l'autre versant. Dans le cadre du Baromètre des Médecines Douces, nous avons vérifié un par un le statut de 51 867 praticiens auprès des registres officiels : 3,6 % ont cessé leur activité en cinq mois, entre mars et août 2026. Près d'un sur douze en rythme annuel. Qui sont-ils ? La réponse a de quoi surprendre.
Il n'y a pas de « profil du perdant »
Nous avions relevé le profil en ligne de tous ces praticiens en mars, avant leur cessation. En comparant ceux qui ont arrêté à ceux qui continuent, on s'attendait à trouver des différences nettes : moins de sites web, moins d'outils, moins de présence. Il n'en est rien. 78,7 % des deux groupes ont un site web : le chiffre est identique à la décimale. Même taux de réservation en ligne, même présence en annuaire, même maturité numérique, même proportion de reconversions. Aucune discipline n'est plus touchée qu'une autre.
Autrement dit : on ne peut pas prédire qui va arrêter en regardant son site. Les cabinets qui ferment ne sont pas tenus par des praticiens moins sérieux ou moins équipés. Deux variables, et deux seulement, séparent les deux groupes.
Variable n°1 : le temps
Taux de cessation sur 5 mois (mars-août 2026) selon l'ancienneté de l'activité
Le gradient est parfaitement régulier : un cabinet de moins de 18 mois a un risque de cessation près de trois fois supérieur à celui d'un cabinet de plus de 10 ans. L'âge médian à la cessation est de 3,2 ans, et près d'une cessation sur deux concerne une activité de moins de 3 ans. Les trois premières années sont la zone rouge : c'est là que se joue l'essentiel, le temps de constituer une clientèle qui revient et qui recommande.
Variable n°2 : la traction visible
La seconde variable est plus inattendue : les avis Google. Les praticiens qui affichent 30 avis ou plus ont un taux de cessation de 2,9 %, contre environ 4,3 % pour ceux qui en ont moins de 10. Et l'effet ne se réduit pas à l'ancienneté : à âge de cabinet égal, 10 avis ou plus sont associés à un risque de cessation inférieur d'environ un quart, dans toutes les générations de cabinets.
Association, pas causalité : les avis ne sont pas un talisman. L'interprétation la plus probable est qu'ils reflètent une activité qui tourne : des clients accompagnés, satisfaits, qui laissent une trace. La leçon n'en est pas moins claire : le carnet de rendez-vous, dont les avis sont le reflet public, est le vrai marqueur de la solidité d'un cabinet. Pas la beauté du site.
Ce qu'on en retient pour votre cabinet
Si vous êtes dans vos trois premières années, votre priorité absolue n'est ni de refaire votre logo ni de peaufiner votre plaquette : c'est de remplir votre agenda, séance après séance, et de rendre cette traction visible. Concrètement : être trouvable (site professionnel, fiche Google complète, coordonnées cohérentes partout), être réservable (la réservation en ligne transforme les visiteurs du soir en rendez-vous), et faire vivre vos avis Google au rythme d'un par mois. Notre méthode complète pour développer son cabinet détaille chaque étape.
Et si vous avez passé le cap des trois ans : les chiffres sont avec vous. Chaque année d'ancienneté renforce votre position, et votre historique d'avis est un actif que les nouveaux installés de septembre mettront des années à constituer.
Questions fréquentes
Combien de praticiens bien-être arrêtent leur activité ?+
Sur les 51 867 praticiens de notre panel vérifiés auprès de l'INSEE, 3,6 % ont officiellement cessé leur activité entre mars et août 2026, soit près d'un sur douze en rythme annuel. Ce chiffre est un plancher : certaines cessations sont déclarées avec retard.
Au bout de combien de temps les cabinets ferment-ils ?+
L'âge médian à la cessation est de 3,2 ans, et près d'une cessation sur deux (46,9 %) concerne une activité de moins de 3 ans. Passé le cap des 10 ans, le taux de cessation est presque trois fois plus faible que chez les jeunes cabinets.
Peut-on prédire qu'un cabinet va fermer en regardant son site ?+
Non, et c'est l'enseignement le plus surprenant de l'étude : ceux qui arrêtent ont exactement le même équipement en ligne que ceux qui restent (autant de sites web, de réservation en ligne, de présence en annuaire). Ce qui distingue les deux groupes, c'est la traction : l'ancienneté et les avis clients.
Les avis Google protègent-ils vraiment de la fermeture ?+
Prudence : c'est une association statistique, pas une garantie. À ancienneté égale, les praticiens qui affichent 10 avis ou plus ont un taux de cessation inférieur d'environ un quart. L'interprétation la plus probable : les avis reflètent une activité qui tourne, et une activité qui tourne dure.
Source : Baromètre des Médecines Douces, Merci Solange. Statuts de 51 867 praticiens vérifiés auprès des registres INSEE (SIRENE) en août 2026, profils en ligne relevés en mars 2026, avant les cessations. Taux calculés sur les radiations enregistrées entre mars et août 2026. Étude complète sur merci-solange.com/barometre.